IL FAUT MOURIR A UNE VIE POUR ENTRER DANS UNE AUTRE

IL FAUT MOURIR A UNE VIE POUR ENTRER DANS UNE AUTRE

 

Rédigé par Marie-Pier Charron

Source: matinmagique.com

 

Tous les changements, même les plus souhaités, ont leur mélancolie, car ce que nous quittons, c’est une partie de nous-mêmes; il faut mourir à une vie pour entrer dans une autre.

– Anatole France

Quand j’explore des villes étrangères à pied, j’utilise généralement la même carte routière tout au long de mon séjour, habituellement celle fournie par l’hôtel. Or, il arrive parfois que je la remplace par un modèle différent, pour une raison ou une autre. Et voici ce que j’ai pu observer : dès que je commence à utiliser la nouvelle version, je deviens toute confuse, et j’ai besoin de deux fois plus de temps pour trouver mon chemin. La carte peut être mieux faite, plus claire, plus détaillée, mais je me sens plus perdue que je ne l’ai jamais été.

Il est possible que vous n’ayez pas fait de tourisme depuis un moment, ou que vous utilisiez toujours le GPS de votre téléphone plutôt que les cartes en papier, quand vous marchez… Cela dit, je ne serais pas étonnée que ce type de confusion vous soit familier, présentement. Oui, si vous êtes comme plusieurs d’entre nous, vous avez peut-être l’impression, depuis quelque temps, d’avoir en main une «carte» très différente de toutes celles que vous avez utilisées. Et si je ne me trompe pas, vous avez probablement la sensation de vous être égaré… de n’avoir finalement rien de très solide à quoi vous fier.

On est habitué de vivre notre existence selon diverses valeurs, diverses priorités, en fonction d’une certaine image de soi et de la vie. Puis, à un moment ou à un autre, quelque chose se transforme en nous… Quelque chose casse, mûrit, change profondément. Notre réalité est la même, mais nous, on est différent. Notre cœur s’ouvre à de nouvelles possibilités… On désire des choses qu’on n’a encore jamais désirées – ou du moins, qu’on ne s’est jamais avouées. Quelque chose de frais et de nouveau se tisse dans la fibre de notre être. Et on se retrouve complètement désorienté. Car non seulement laisse-t-on la carte qui nous est familière, mais on la remplace par une version qui est à la fois inconnue et pas tout à fait terminée.

Ces phases de transition sont normales. Il y aura toujours des périodes tampons pendant lesquelles on est divisé entre ce qu’on sait et ce qu’on sent, inconfortablement tiré vers l’arrière et vers l’avant – entre deux mondes, si vous voulez. Cette sensation d’être perdu n’est pas un signe qu’on fait erreur. Ce n’est pas un signe qu’on est au mauvais endroit, au mauvais moment. Ce n’est pas un signe que notre carte est inférieure à celle qu’on utilisait avant. Non, c’est un signe qu’elle est nouvelle, tout simplement.

Marie-Pier Charron

Source: matinmagique.com

 

 

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