« JE M’EN BAS LES COUILLES ! »

« JE M’EN BAS LES COUILLES ! »

ados

 

Est-ce le nouveau slogan à la mode ?

C’est en tous cas le propos que j’ai entendu sortir de la bouche de plusieurs jeunes garçons que j’ai croisés à différents endroits lors de ma sortie pédestre d’aujourd’hui.

question

 

Surprise la première fois d’entendre « Je m’en bas les couilles », au bout de la 3 ème fois, dans la même matinée, je me suis posée des questions.

 

 

 

« Se battre les couilles » ne doit pas être très agréable, sachant que cette partie de l’anatomie masculine est très sensible.

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Pourquoi alors cette auto-flagellation ? À moins d’être masochiste, ce qui relève d’un état psychique pas bien équilibré, s’il faut passer par la souffrance pour éprouver du plaisir, il y a de quoi s’alarmer sur la condition de vie du jeune garçon.

Par ailleurs le ton employé pour exprimer ces 5 mots, n’était pas des plus enjoué mais plutôt exaspéré.

Je me doute bien que l’adolescent qui utilise cette expression est dans un état d’énervement et de découragement.

Mais alors pourquoi ne pas dire : « je m’en moque, » ou « je m’en balance » ou plus communément « je m’en fous » ou plus expressif « ça me saoule »?

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L’emploi d’un mot a toujours un sens et souvent l’origine de ce sens se trouve dans notre inconscient ou dans l’inconscient collectif.

S’en prendre à son attribut sexuel, celui qui identifie le genre, féminin ou masculin  n’est pas anodin.

D’ailleurs, avez-vous déjà entendu une femme ou une jeune fille dire « je m’en bas les ovaires » ?

Dans le langage familier, les couilles désignent les testicules, c’est-à-dire l’organe reproducteur chez les hommes (et les mammifères).

Mais « couille » peut désigner aussi dans le langage populaire « une erreur »: « il m’est arrivé une couille » ou « un échec » : « j’ai raté mon examen, quelle couille ! »

Alors quand un garçon de  14 ou 16 ans dit « je m’en bas les couilles?»,

Est-ce qu’il botte en touche une remarque avec laquelle il n’est pas d’accord?

Est-ce qu’il se moque d’un reproche qu’on lui fait?

En fait il éprouve sûrement un sentiment de frustration de ne pas pouvoir s’affirmer.

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Mais  en disant « je m’en bas les couilles » il ne se rend pas compte qu’il se renie lui-même puisqu’il s’en prend à la partie la plus intime de son anatomie, comme s’il voulait la faire disparaitre à force de la battre. Il rejette sa masculinité.

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Ne dit-on pas aussi qu’un « vrai » homme c’est celui qui a des couilles ? Quand « on a des couilles » on est courageux, on s’affirme, on sait se défendre.

 

 

« Je m’en bas les couilles » est-ce une manière d’exprimer un ras-le bol « inconscient » sur un système sociétal patriarcal (domination de l’homme sur la femme) où seul compte l’autorité du masculin (le père) dans lequel le féminin n’est pas accueillie?

Lorsque l’on observe l’enseignement scolaire tel qu’il est toujours dispensé aujourd’hui, les élèves doivent « obéir », « ne pas bouger », « ne pas parler, sauf s’il est interrogé par l’enseignant ». L’étudiant doit « faire des devoirs », « réciter (répéter comme un perroquet) le ‘’programme’’dont il est gavé ». Reconnait-on la sensibilité (féminin) de l’élève ? Essaye-t-on de développer ses dons et talents (créativité du féminin) en considérant son unicité (chaque enfant est unique et particulier) ? 

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Alors quand j’entends un garçon adolescent dire « je m’en bas les couilles »,

J’entends aussi « laissez-moi me développer à mon rythme » « écoutez-moi, j’ai besoin d’être entendu » « j’ai besoin d’être reconnu » « j’ai besoin de me sentir utile dans ma communauté » « j’ai besoin de me montrer tel que je suis et non tel que voulez que je sois » « j’ai besoin d’être encouragé et non puni » « j’ai besoin de sentir que les adultes me font confiance ».

Quand j’entends « je m’en bas les couilles »,

J’entends « je ne veux plus vivre dans un monde où on ne cesse de pointer les différences, de juger les différences »  » je veux qu’on reconnaisse ma vulnérabilité, ma sensibilité, et je ne veux pas répondre à des valeurs masculines dénaturés » « je ne veux plus mener ma descendance (faire des enfants grâce à mes testicules) dans une course effrénée aux profits, à la productivité, à l’égoïsme qui entraine la pollution, le stress, le conflit et l’indifférence».

Beaucoup de jeunes garçons aujourd’hui se sentent perdus, impuissants (l’impuissance au sens propre comme au sens figuré car l’impuissance est aussi sexuelle engendrée par une érection insatisfaisante, ajouté à cela la possibilité d’infertilité causée par les émissions d’ondes électromagnétiques des téléphones portables).

Beaucoup de jeunes garçons aujourd’hui ne connaissent pas leur identité masculine, les valeurs liés au masculin, par peur, ignorance, désinformation et non accompagnement dans leur développement psycho-sexuel.

Beaucoup de jeunes garçons aujourd’hui sont confrontés à une image du féminin surfaite, erronée, dénaturée.

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Chanteuse Rihanna en concert

Quant aux jeunes filles adolescentes, elles ont comme repère pour construire leur identité féminine, les modèles montrées dans les médias et journaux, soit des mannequins anorexiques ou bien des chanteuses sexy et aguicheuses voire provocantes, bien loin des valeurs du Féminin.

Dans notre société patriarcale, beaucoup de femmes sont devenues (malgré elles car conditionnées) des êtres masculinisés qui ne savent plus être féminines dans leur façon de penser, de créer, d’agir. Elles croient qu’elles doivent se comporter comme « des hommes », dans ce que le patriarcat véhicule (prise de pouvoir, se montrer fort, être compétitif) pour devoir « réussir » dans la société. Il n’y a cas regarder les femmes à des postes de responsabilité comme au gouvernement ou dans les grandes entreprises, peu d’entre elles montrent leurs qualités féminines telles la sensibilité, l’intuition, la douceur, la créativité. Elles reproduisent sous couvert « d’égalité des sexes » les travers d’un masculin déformé, engrangé par le patriarcat.

Le garçon adolescent ne connait pas les valeurs du  « vrai » masculin qui sont:  » le soutien bienveillant, l’altruisme, la prise de décision, l’affirmation dans la confiance »

Il ne voit que ce que lui renvoie le système patriarcal soit l’autorité, le contrôle et la prise de pouvoir au détriment de la liberté des plus « sensibles ».

Comment  un jeune peut construire son identité d’adulte « bien dans ses baskets », épanoui, quand les adultes eux-mêmes autour de lui, hommes et femmes ont de la difficulté à connaitre leurs valeurs masculines et féminines et faire de leurs différences une complémentarité heureuse?

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Je suis aussi choquée d’entendre certaines jeunes filles parler aussi vulgairement, empruntant les mêmes expressions que leurs camarades garçons, dans la négation de leur propre féminité quand elles répondent par « je m’en bas les couilles » !?

La parole est un vecteur important dans la manifestation de l’information qu’elle véhicule.

Le cerveau ne fait pas la différence entre la réalité et la fiction, il prend tout à la lettre et programme insidieusement les comportements, les croyances qui sont induits avec les mots.

Si chacun prenons conscience des mots que nous prononçons chaque jour pour exprimer un « état d’âme », un sentiment, une attitude, nous comprendrions mieux ce que nous recherchons tous avant tout, vouloir être aimé.

Alors pourquoi ne pas commencer par soi-même en restant vigilant sur son aptitude à être bienveillant pour soi?

En étant attentif et à l’écoute de soi et des autres, nous sommes capables de changer nos attitudes et nos comportements afin que nos paroles deviennent le reflet de ce que nous souhaitons vivre, afin que nos paroles manifestent la société dans laquelle nous aimerions vivre, hommes et femmes, épanouis et responsables.

Que souhaitez-vous vivre? 🙂

 

Fée                                                                                      Marielle

 

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer l’auteur, la source et l’UNIVERSITE NOMADE DE LA.V.S.D.LE.I. https://colibrijoyeux.wordpress.com/

 

 

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